Le traitement à la méthadone est la modalité de traitement des toxicomanies la plus largement étudiée. Toutefois, les résultats de ces recherches ont fait continûment l'objet de controverses, le plus souvent pour des raisons qui n'ont rien de scientifique mais aussi parce que les résultats obtenus ont pu être opposés les uns aux autres. Alors que les premières études des Dr Dole et Nyswander font état d'une renoncement à la consommation d'opiacés de la très grande majorité des patients, des études menées dans les années soixante-dix obtiennent des résultats nettement moins enthousiasmants : des consommations de drogues sont observées en cours de traitement et les rechutes s'avèrent fréquentes après l'arrêt du traitement.
Le débat a été d'autant plus difficile à éclaircir que les études n'étaient guère comparables, non seulement en termes de méthodes mais aussi en termes d'objectifs. Ainsi, par exemple, les premiers traitements se fixaient des objectifs de maintenance et les résultats portaient sur les patients en cours de traitement. Dans les années soixante-dix, la toxicomanie n'est généralement plus considérée comme une maladie chronique. Une nouvelle question est posée, celle de l'évolution après le traitement.
Autre série de questions posées à l'évaluation dans les années soixante-dix : quels sont les effets de traitements à la méthadone sur la sécurité publique d'une part, sur la santé publique de l'autre ? Si plus de 80% des patients parviennent à renoncer à la consommation d'héroïne, peut-on espérer des traitements à la méthadone qu'ils éradiquent la consommation et le marché noir de l'héroïne ? Cet espoir avait été à l'origine du développement rapide des programmes au début des années soixante-dix aux USA, mais les résultats s'avèrent décevants : la méthadone ne peut prétendre résoudre à elle seule la question du trafic. Les illusions des premiers temps une fois dissipées, la méthadone devient un traitement comme les autres.